Usine de traitement de la brasque usée

Depuis plusieurs années, les producteurs d’aluminium sont aux prises avec la problématique de gestion de la brasque usée. Les cuves d’électrolyse sont munies d’un revêtement protecteur composé de blocs de carbone et de briques réfractaires. Ce revêtement dure normalement de 5 à 8 ans. Lorsque sa vie utile est terminée, il faut le remplacer. C’est ce matériau qu’on appelle la brasque usée.

En soi, la brasque usée ne représente aucune menace. Cependant, elle ne doit pas être exposée aux intempéries car elle pourrait alors libérer des matières toxiques à l’environnement, principalement des fluorures, ou produire des gaz et du cyanure; c’est pourquoi elle est considérée comme une matière dangereuse.

Alcan a déposé en 2001 au Ministère de l’Environnement du Québec une étude d’impact pour un projet d’usine de traitement de la brasque usée à Jonquière qui utiliserait une technologie développée par Alcan au centre de recherche d’Arvida. L’un des avantages de la technologie présenté (LCLL) repose sur le fait que plusieurs sous-produits du traitement peuvent être commercialisés. Au départ, le fait de construire l’usine au Complexe Jonquière permet de valoriser la liqueur de caustique diluée (liqueur Bayer) pour l’usine Vaudreuil. Pour les autres sous-produits (carbones et fluorure de sodium), les espoirs de trouver des marchés sont prometteurs et plusieurs pistes sont explorées.

Pour que le projet tienne compte des préoccupations du public, Ville de Jonquière a mis sur pieds en mai 2001 un groupe de travail sur l’implantation d’une usine de traitement de la brasque usée. Ce comité est composé d’organisme du milieu de la santé, du développement économique et de l’environnement, dont un siège pour la ZIP Alma-Jonquière. Le comité s’est donné comme but d’être l’interlocuteur privilégié entre le milieu et Alcan, de comprendre le processus, les impacts environnementaux, sociaux et économiques du projet. Alcan considère ce comité représentatif du milieu et lui a offert toute sa collaboration.

En février 2002, le comité de travail a été informé que la Compagnie Alcan avait demandé au MENV de retarder la publication de l’étude d’impact afin d’évaluer la possibilité d’utiliser un autre procédé. En effet, une compagnie spécialisée dans le traitement et la récupération du plomb, située à Ville Ste-Catherine, a développé un traitement thermique, par four rotatif permettant de détruire les cyanures et d’encapsuler les fluors. Les résidus de carbone et de briques seraient récupérés dans les cimenteries. Le comité sera avisé par Alcan dès qu’une décision sera prise concernant l’endroit où sera finalement traité la brasque usée.

En octobre 2003 après une longue pause, Alcan convoque le comité pour lui annoncer un investissement de 150 millions de dollars dans une usine de traitement de la brasque usée. Un mois plus tard, les dirigeants d'Alcan annonce cette construction en conférence de presse.

Le 17 février 2004, le BAPE a tenu des audiences publiques à Saguenay sur le projet d'implantation d'une usine de traitement de la brasque usée à Jonquière. La commission a reçu 11 mémoires. Le Comité ZIP Alma-Jonquière a assisté à l'ensemble de ces rencontres.

Le 19 mai 2004, le BAPE rend publique son rapport d'enquête (www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/alcan-brasque). D'après le BAPE, " le projet est justifié et salutaire ". Cependant, le communiqué mentionne " la commission est d'avis qu'Alcan devrait être limitée à ne traiter que la brasque usée qu'elle génère dans ses alumineries au Québec et celle stockée à Jonquière. À cet égard, la capacité de l'usine devrait être de 60 000 tonnes plutôt que de 80 000 tonnes tel que le demande Alcan ".

Plusieurs des mémoires déposés par les groupes environnementaux et les citoyens ont fait la même demande de ne pas importer de la brasque usée, et s'assurer de diminuer la capacité de l'usine. La ZIP est tout à fait en accord avec les recommandations du BAPE.

Le 29 septembre 2006, Alcan a fait l'annonce de la construction d'une usine de traitement de la brasque usée au Complexe Jonquière ayant une capacité de 80 000 tonnes. "Grâce à ce nouveau procédé, la brasque usée sera recyclable, procurant à l’industrie mondiale de l’aluminium une solution durable pour la réutilisation des sous-produits de brasquage." Il s'agit là d'une solution à la gestion d'une matière pouvant devenir dangereuse pour l'environnement. Le Comité ZIP Alma-Jonquière continuera de suivre le dossier du traitement de la brasque usée dans les installations du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour plus d’information sur le traitement de la brasque consulter : www.alcan.com